Eau et urbanisme, la confusion à son summum

Tout devait se simplifier et se bonifier, or les choses n’ont jamais été aussi confuses : la situation de l’eau en pays de Fayence continue de déployer un feuilleton pagnolesque de plus en plus obscur. 

Pour commencer, il n’y a plus moyen de savoir si la situation de l’eau en pays de Fayence est une situation réelle ou fantasmée. Les chiffres du débit des sources de la Siagnole ainsi que des forages qui les complètent ne circulent plus. On entend invoquer le réchauffement climatique et la faible pluviométrie, qui sont l’un comme l’autre des faits incontestables. Est-ce que pour autant la situation du pays de Fayence est bien une situation de pénurie ? Mystère et boule de gomme. Pas moyen de savoir si les mesures prises ici ou là sont fondées ou abusives, préventives ou curatives. 

On objectera qu’il y a au moins un cas de pénurie avéré, à Seillans, devant les caméras de télévisions de la France entière. C’est en effet un cas bien réel, mais pas nécessairement représentatif, tant la situation de la commune de Seillans est atypique dans notre paysage. Pas la peine sur ce sujet, auquel la presse locale s’est intéressée de près, de tirer sur l’ambulance. Je souhaite sincèrement que le maire concerné renonce à s’en prendre à la SEM E2S, ce qui est risible, puisqu’il lui devrait plutôt une franche gratitude. Sans E2S, maître d’ouvrage de la liaison Fayence-Seillans via le réservoir de Maracabre, la situation de Seillans serait critique depuis des années. Sans E2S, qui les a assumées à sa place, la commune de Seillans aurait eu à faire face à d’importantes pénalités à payer à l’Agence de l’Eau du fait du rendement indigne de ses réseaux. Mais laissons là ces polémiques médiocres. 

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Eau des restrictions saisonnières

Juste au moment où ces lignes sont écrites, vient de paraître l’arrêté préfectoral portant restriction sur l’usage de l’eau. Cet arrêté, qui porte sur le bassin versant de la Siagne, complète celui qui était déjà en vigueur sur une partie du territoire, celle qui dépend du bassin versant de l’Argens. Sont donc cette fois concernées à leur tour les communes de Callian, Fayence, Mons, Montauroux et Tourrettes. Les restrictions qui sont mises en œuvre sont classiques par temps de sécheresse, elles sont celles qui ont été appliquées lors de la plupart des étés précédents. Elles correspondent aussi à des mesures de simple bon sens, notamment en ce qui concerne le remplissage des piscines. Il est dorénavant souvent facile, sur le plan technique, de garder en eau une piscine toute l’année et d’épargner ainsi la ressource. 

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Le lycée du pays de Fayence, un nouvel espoir

Cela date du 4 mai dernier, à l’occasion de l’inauguration de la base d’aviron rénovée du pays de Fayence. Par la voix de son vice-président François de Canson qui était présent à cette cérémonie, la Région a communiqué sur le projet de lycée en pays de Fayence, pour renouveler l’engagement qui avait été pris en 2017 par son président de l’époque. Dans un contexte dans lequel les marges de manœuvre budgétaires de la Région n’ont pas évolué, et où l’Etat, traditionnellement réservé dans ce dossier, n’a pas fait connaître de position nouvelle, la question est évidemment de savoir comment il faut accueillir une telle annonce ?

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Nouvelle école de Callian, des précisions

Il a déjà été rappelé que le flux démographique imprévisible lié à la loi ALUR avait entrainé la commune de Callian dans l’élaboration d’un projet de nouvelle école. Il a également été précisé que cette nouvelle école devait se situer dans la plaine pour des raisons d’équilibre géographique et territorial. Ce qui restait à définir était le programme de cette future école c’est à dire la ventilation des classes de maternelles et d’élémentaires dans la commune. Cette réflexion a été l’occasion d’associer toute la communauté éducative à la définition du projet, ce qui n’avait pas été possible jusque-là compte tenu des contraintes de confidentialité qui accompagnaient la discussion avec le propriétaire privé des terrains. Deux réunions ont donc été organisées ce printemps avec les représentants de la communauté éducative, à savoir les directrices des deux écoles, les enseignants et l’association de parents d’élèves. Loin de se réduire à un rôle de chambre d’enregistrement, ces deux réunions avaient vocation à rendre le processus de décision collégial. Il va déjà être si complexe de boucler les discussions foncières, d’aller jusqu’au bout de la procédure d’urbanisme, et de réunir les financements nécessaires, pour ne pas en plus avoir à faire tout cela pour un projet qui serait mal partagé ou que tous les intéressés ne se seraient pas appropriés. 

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Faut-il faire la guerre au littoral ?

Le conseil communautaire du 12 avril dernier comportait dans son ordre du jour des projets de décision de rupture avec trois organismes dont le pays de Fayence était partie prenante jusqu’ici. Il s’agit, pour le tourisme, du syndicat mixte Esterel Côte d’Azur ; pour les déchets, du SMIDDEV (syndicat mixte du développement durable de l’est var pour le traitement et la valorisation des déchets) et enfin, dans le domaine de l’eau, du SEVE (syndicat des eaux du Var est). Prises isolément, chacune de ces décisions pouvait bien se justifier par tel ou tel facteur technique. Mais prises toutes ensemble le même soir, ces décisions ne peuvent sonner autrement que comme une déclaration de guerre picrocholine, à l’égard de nos partenaires du littoral. Et c’est d’ailleurs bien ainsi qu’elles ont été accueillies du côté d’Esterel Côte d’Aur Agglomération, la communauté d’agglomération de nos voisins. Il est vrai qu’on réprime un sourire à l’idée que l’obsession quotidienne du président Masquelier serait d’annexer le pays de Fayence dans son giron communautaire. 

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Énergies, pour agir au quotidien

Tout le monde a bien compris que la transition énergétique était la clé et la condition de notre avenir. Il y a ceux qui ne la voient que par la décroissance, en pariant sur des changements de modes de vie parfois punitifs. Il y a ceux au contraire qui voient cette transition par une croissance qui saurait devenir plus verte. C’est plutôt dans ce courant de pensée que s’inscrivent les efforts présentés dans cet article. 

Décarboner l’économie, c’est nécessairement promouvoir l’usage des énergies renouvelables. Quand on observe les levées de boucliers provoquées aujourd’hui par le moindre projet dans ce domaine, on peut être assez perplexe sur notre capacité à relever les défis de la transition. La centrale solaire de la commune de Callian est en service depuis 10 ans et deux mois. Elle avait déjà à l’époque suscité des réticences et sans doute en provoquerait-elle encore plus s’il s’agissait de la construire aujourd’hui. Et pourtant, son bilan est incontestable. Depuis 10 ans, notre territoire communal est un territoire à énergie positive, qui rend au réseau électrique une fois et demie ce qu’il y puise. Et accessoirement, le loyer a permis à la commune de cumuler un revenu de 1,35 millions d’euros, qui a été décisif dans le maintien du taux de la taxe foncière et de la taxe d’habitation, qui précisément n’ont pas augmenté depuis 10 ans.

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Les enjeux d’un recensement

Un an après la date prévue, en raison évidemment du contexte sanitaire, le recensement de la population de la commune de Callian aura lieu du 20 janvier au 19 février prochain. En pratique, ce sont huit agents recenseurs qui vont parcourir la commune et soumettre à chacun des questionnaires qui pourront être remplis en ligne ou bien sur la version papier. Précisions préventivement que le but d’un recensement n’est pas d’empiéter sur les libertés individuelles ni d’espionner le monde. En ce sens, il faut former des vœux pour que les agents reçoivent partout le meilleur accueil.

C’est que, pour une collectivité, les enjeux de l’opération sont doubles. 

Il y a l’enjeu le plus visible qui est l’enjeu quantitatif. Il est très important pour une commune soumise à une forte pression foncière de disposer d’un point de repère fiable qui lui permette de savoir où elle en est. C’est même décisif lorsqu’une commune a officiellement 3402 habitants selon l’INSEE, mais que beaucoup d’indices situent la réalité bien plus près des 4000. Évidemment, les dotations de l’État dont la commune bénéficie sont directement indexées sur ce chiffre, ce qui fait que chaque dossier non rempli représente une part de la fiscalité nationale payée par chacun qui ne redescend pas sur le territoire. 

Le second enjeu est moins visible, et davantage d’ordre qualitatif. Un recensement est une mine d’informations qui permettent aux élus de comprendre la sociologie de la population, et qui les rend mieux capables d’en comprendre et d’en satisfaire les besoins. Avec la disparition de la taxe d’habitation, et le transfert de la compétence eau, ce sont aussi deux sources majeures d’informations pour les communes qui ont récemment disparu. Toutes ces raisons concourent à donner à l’exercice de cette année une importance toute particulière. 

En réponse à un donneur de leçons

Voici reproduit ci-dessous, tel quel, le contenu transmis au Nouveau Journal et publié par lui à la page 27 du numéro 52 : 

Dans le n°51 de ce journal, à la page 20, Monsieur Mas prétend que le conseil municipal tenu le 6 septembre à Callian s’est trouvé interdit au public. C’est d’autant plus faux qu’il y a participé, de façon d’ailleurs fort tonitruante. Dans les faits, un représentant de Suez avait, à cette époque, demandé à rencontrer les conseils municipaux du territoire. J’ai donc profité de la réunion prévue ce soir-là pour en consacrer les premières minutes à cette audition. Le conseil municipal ne s’en est trouvé ni annulé ni interdit au public, mais seulement retardé de quelques minutes. J’en ai fait part au public présent autour des lieux, dont Monsieur Mas, qui n’y a sur le moment aucunement vu malice. Et c’est bien normal : ni le maire ni le conseil municipal d’une commune n’ont besoin de censeur ou de directeur de conscience pour rencontrer qui bon leur semble.

Lorsque la séance du conseil a ensuite été ouverte, le public a été invité à rentrer dans la salle. Monsieur Mas devrait se réjouir que le maire de la commune de Callian choisisse d’associer l’ensemble du conseil aux discussions avec un tel partenaire. Bénéficiant ensuite, ce qui est bien loin d’être le cas dans toutes les communes, de la faculté d’interpeller le conseil, et prenant rétrospectivement conscience qu’il avait été privé du plaisir douteux de se défouler sur le représentant du grand capital, Monsieur Mas l’a fait par procuration sur le conseil, en des termes que je trouve parfaitement regrettables. J’entends bien continuer, malgré ce type de comportement, à donner la parole après les séances de conseil au public qui vient y assister : pas question de sanctionner les âmes pacifiques pour les travers d’un esprit belliqueux.

Force et Confiance : la page est tournée

Une assemblée générale de clôture vient de mettre un terme à l’aventure associative dont j’avais pris l’initiative en 2014 dans un contexte politique qui a changé depuis lors. L’idée était d’essayer de donner corps au canton de Roquebrune nouvellement créé et de lutter contre la radicalisation du débat public par l’intervention de tiers experts venus donner un cadre à des débats sur des sujets concernant notamment le pays de Fayence. Ce n’est pas qu’un tel outil manquerait aujourd’hui d’utilité. On le voit, la faiblesse ou la disparition des instances de médiation favorise les logiques de rupture. Dans le même temps, la considération du bien public semble s’effacer au profit d’une vision radicalement égoïste des libertés individuelles. 

C’est là la première raison de cette dissolution : des débats qui ont récemment encore trouver leur public avec souvent plus d’une centaine de personnes et même plus de 300 sur le sujet du nouvel accès au pays de Fayence, ne semblent plus de saison. Dans notre société hystérisée, faite de citoyens vivants en silo ou en archipel n’ayant plus rapport les uns avec les autres, le clash a remplacé le débat. Le complotisme a rendu le débat impossible dès lors qu’il n’y a plus de réalité factuelle pour nous servir de dénominateur commun. 

La seconde raison tient évidemment à l’environnement sanitaire, puisque voilà pratiquement deux ans que l’association est empêchée d’agir, et rien ne vient donner une visibilité à moyen ou long terme. Rien ne permet d’imaginer que la première priorité au moment de la liberté retrouvée sera civique et studieuse. C’était donc le moment de remercier les bénévoles (notamment Marco Orfeo, puis Chrystelle Giner) qui ont rendu possible cette aventure, dont la page est aujourd’hui tournée, du moins sous cette forme. 

L’eau en pays de Fayence, pour ne pas tomber dans le manichéisme

C’est le moment du bilan pour la société d’économie mixte des Sources de la Siagnole, dont je suis aujourd’hui le liquidateur après en avoir assuré la présidence depuis 2001. 

En cette matière, c’est essentiellement le diagnostic de l’Agence de l’Eau qui dit les choses. Il est légitime que ce document soit accessible à tous et le lien ci-dessous permet d’y parvenir. Je voudrais, pour ce qui me concerne, saisir cette occasion pour réfuter un certain récit communautaire qui a cours aujourd’hui. Dans une récente intervention, notre collègue chargé de l’eau en pays de Fayence, le maire de Fayence Bernard Henry, distribuait les bons et les mauvais points pour conclure que les communes hostiles au transfert de l’eau et l’assainissement, et qui protestent aujourd’hui contre les hausses des tarifs, seraient de mauvais élèves qui se lamentent faute d’avoir su anticiper, pareilles en cela à la cigale de la fable. Comme en écho, l’association des usagers de l’eau, souvent proche des positions communautaires, expliquait par la voix d’un de ses cadres (sans s’encombrer de trop de nuances), que « les maires ont fait une gestion catastrophique de l’eau ». C’est de ce manichéisme, c’est-à-dire cette tendance à polariser un débat autour du Bien que l’on prétend incarner et du Mal que les autres représenteraient, que j’entends parler ici. 

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