Mois : mai 2020

COVID : à qui se fier ?

La crise sanitaire sans précédent que nous traversons est d’abord une grande remise en cause de la domination et de la maitrise de la réalité et de la nature par le progrès technique et le développement économique. C’est un choc de l’imprévu et de l’imprévisibilité. Le panel des incertitudes est total : origine du virus, capacité du virus à muter, modalités de la contagion, durée de l’immunité arrivée d’une seconde vague, délai d’ici à l’arrivée d’un vaccin, sans parler bien sûr des conséquences socio-économiques. Les temps que nous vivons sont inédits. 

Où trouver de la certitude ? Les politiques de tous pays sont très conscients que leur parole institutionnelle est démonétisée, au point sans doute que cet épisode lui aura porté le coup de grâce. Leur mouvement naturel est donc de se reposer sur la communauté scientifique. Cela repose sur une vision unitaire de la science : Il est légitime de s’en remettre à ceux qui savent, et que la science soit convoquée par le pouvoir pour lutter contre l’épidémie. 

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Le dé-confinement en pays de Fayence : prévenir la catastrophe économique

Dans notre épreuve nous n’avons pas tout vu : l’immobilisation de l’économie française provoque déjà une récession inédite depuis la seconde guerre mondiale. Pour certains, qui s’imaginent que cela ne regarde que le sort de quelques entrepreneurs, tout cela reste abstrait et secondaire. C’est refuser de voir que des millions d’emplois sont menacés en France à très court terme, et que la locomotive de notre région, le tourisme, peut être une des premières victimes. La catastrophe économique ne peut que se traduire, par réaction en chaîne, par une catastrophe sociale ; le chômage par de la pauvreté, l’endettement par de l’inflation. Les pouvoirs publics, quel qu’en soit l’échelon, ont le devoir de tout mettre en œuvre pour éviter cela. L’Etat a déjà mobilisé des moyens considérables, mais il ne peut tout faire tout seul. Notre république est décentralisée, et d’autres échelons de pouvoirs publics ont des compétences en matière économique : c’est le cas des régions, et c‘est le cas des intercommunalités. 

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Le contrôle du confinement en pratique

La mise en œuvre du confinement général était un exercice inédit. Bien sûr, l’habitat dispersé qui caractérise notre structure démographique l’a plutôt rendu moins pénible qu’ailleurs. Mais tout le monde ne vit pas en maison individuelle avec jardin, et beaucoup de difficultés matérielles et morales se sont manifestées. A la difficulté de la promiscuité se sont ajoutées non seulement la longueur de l’exercice, mais aussi des sensations d’injustice devant les abus (heureusement marginaux) de quelques-uns, et devant les deux vagues d’arrivées de résidents secondaires qui ont été ressenties : l’une légale juste avant la mise en œuvre du confinement, l’autre un peu moins au début des vacances scolaires. Dans ce contexte, il était très important d’opérer le plus de contrôles possibles, et notre police municipale, en bonne intelligence avec celle de Montauroux, les a multipliés chaque jour. Cela a par exemple permis, la semaine du 30 mars, le contrôle de 130 véhicules et de 25 piétons ou joggers ; la semaine d’après, 327 véhicules et 42 piétons, puis 400 véhicules le dimanche de Pâques et 260 le lendemain. A ce jour, 1500 contrôles auront été effectués, amenant 13 verbalisations. Certes, le maillage du filet n’était sans doute pas parfait, mais cette activité visible, qui s’ajoute à celle de la brigade de gendarmerie, aura certainement contribué à ce que chacun reste raisonnable. 

Covid-19 : le casse-tête du retour à l’école

Deux catastrophes nous menacent. L’une est sanitaire, l’autre est économique et sociale. Le moyen de lutter contre la première (le confinement prolongé) amène la seconde. Inversement, le retour à la vie d’avant raviverait le risque de catastrophe sanitaire. Tout responsable public est donc placé devant deux impératifs contradictoires. La question de la réouverture des écoles est un beau cas de conscience dans ce genre, car elle s’accompagne, pour des raisons sanitaires (mais aussi un peu de protection juridique) d’un protocole draconien et extrêmement difficile à mettre en pratique, voire carrément impossible en maternelle, où c’est le sens même de cette scolarisation (le jeu, le rapport à l’autre) qui est nié, pour la bonne cause, par le protocole. 

Il y a deux options. La plus simple est de dire qu’au nom de la sécurité sanitaire on ne rouvre pas, et que tout cela peut bien attendre Septembre (où rien peut-être n’aura changé). L’inconvénient est que les communes qui prennent ce parti sont quand même bien obligées de mettre en place des garderies, sous peine de clouer chez eux des parents qui ont besoin de travailler, et dont l’économie française a besoin qu’ils travaillent. Alors qu’il y a d’autres arguments en faveur de la ré-ouverture : le besoin des enfants d’être placés en situation d’apprentissage et de socialisation, le besoin d’air de familles pressurées par des semaines de cohabitation permanente parfois difficile, et naturellement la capacité des parents de travailler. Et un dernier argument, non-dit mais bien présent : si en Septembre rien n’a changé (pas de vaccin ou de traitement), alors il faudra bien s’être rôdé à un mode de fonctionnement qui risque d’être le même. Ce sont ces arguments qui ont prévalu pour ce qui est de la commune de Callian. 

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Municipales : à quand les seconds tours ?

Inédite à bien des égards, notre situation l’est aussi sur le plan institutionnel. En effet les conseils municipaux élus lors du premier tour du 15 mars ne sont pas encore « installés » : ils le seront aux dernières nouvelles entre le 2 et le 6 juin. Dans les communes où un second tour, qui n’a pas pu avoir lieu, est nécessaire, il y a deux hypothèses. La première hypothèse est celle d’un second tour le 21 juin, à partir des résultats du premier tour du 15 mars. La seconde hypothèse est celle d’un second tour fin Septembre ou début Octobre, mais qui devrait alors s’accompagner d’une remise à zéro avec un nouveau premier tour, et donc potentiellement de nouvelles listes et de nouveaux candidats ou des candidats en moins. La notion décisive est ici celle du pivot électoral : on considère dans ce cas que le laps de temps entre les deux tours défait l’unité du scrutin et qu’il faut tout refaire. Rien n’a donc vraiment changé depuis ma lettre du mois dernier, si ce n’est qu’il est possible que cette question soit tranchée avant le 23 mai, délai invoqué jusqu’ici. 

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