Dissolution du SIIVU de la Haute Siagne

C’est décidément la saison des pages qui se tournent. En effet, le processus de dissolution du SIIVU de la Haute Siagne se concluera à la date du 30 juin de cette année. Fondé, il y a presque 30 ans par les conseiller généraux du canton de Fayence et de Saint Vallier à l’époque, ce syndicat a porté les compétences liées aux enjeux du fleuve Siagne. Il s’agissait essentiellement de la gestion des zones protégées par le dispositif Natura 2000, et du S.A.G.E de la Siagne, le Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux. Cet important document a pour vocation d’arbitrer les usages de la rivière entre ses aspects touristiques, environnementaux, et bien sûr la question des prélèvements en vue de la consommation humaine, qui reposent sur la notion stratégique de débit réservé. 

Ce syndicat était le symbole d’un certain mode de coopération entre les communes, sur un mode contributif et non sur un mode intégrateur. Mais la loi NOTRe est passée par là, et elle a donné une importance considérable aux intercommunalités qui sont hélas devenues dans bien des cas des technocraties supra-communales. Cette évolution réglementaire a conduit les intercommunalités concernées à reprendre les compétences, qu’elles ont depuis déléguées à une structure tierce : le SMIAGE Maralpin. Dès lors, le SIIVU n’avait plus de raison d’être, sinon bien sûr celle de trouver un point de chute pour ses agents. Président de ce syndicat à deux reprises, dont cette dernière période à titre bénévole, j’ai parachevé cette mission en ce mercredi 5 mai, avec l’intégration de la directrice dans les effectifs de la Commune de Saint Cézaire. J’ai donc cédé la présidence du Syndicat au maire de cette commune, Christian Zedet, qui est le mieux placé pour conclure les toutes dernières démarches. 

Un autre symbole disparait avec ce syndicat, celui de la coopération interdépartementale. Les fondateurs du SIIVU étaient partis du constat de la ressemblance entre leurs territoires, qui sont notamment liées au même bassin de vie et d’emploi. A leurs yeux, la Siagne était un trait d’union et non une frontière. Et c’est dans cet esprit que j’avais proposé en 2001, une intercommunalité de nos deux cantons ruraux. Mais les habitudes administratives ont la peau dure et il reste rare que la coopération intercommunale arrive à s’affranchir des frontières départementales. Dans le Var par exemple, seules les communes de Vinon sur Verdon et de Saint Zacharie contribuent à une intercommunalité avec un département voisin. Nous sommes dans un pays dont la culture administrative lui fait souvent préférer la carte au territoire. Et pourtant il y a des territoires dont les réalités sont différentes de celles des cartes, ou tout simplement les dépassent.

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